Co-construction de la Lab School # 1 – Compte-rendu

Le samedi 5 novembre 2016 s’est tenue la première réunion de co-construction de la Lab School. La future équipe pédagogique, de nombreux parents (beaucoup dont les enfants sont/étaient dans des écoles alternatives/Montessori), des étudiantes, des enseignants et des enfants ont ainsi commencé à façonner les contours de cette nouvelle école.

Pascale Haag (fondatrice, maître de conférences à l’EHESS) a fait quelques rappels concernant la Lab School :

  • Elle pourrait être hébergée au sein du Liberté Living Lab, mais ce n’est pas sûr. La possibilité est à l’étude de l’ouvrir plutôt dans le 19e, près de la Villette, dans un quartier plus populaire
  • L’idée de la Lab School est dans un premier temps de réfléchir ensemble au cadre où on a envie de scolariser les enfants, dans quels objectifs… et de s’appuyer sur ce qui existe pour aller dans cette voie, sur des méthodes qui ont été déjà été expérimentées ailleurs.
  • Le lien avec la recherche permet de s’assurer du sérieux du projet pédagogique.
  • Volonté de collaborer au maximum avec l’extérieur, y compris avec l’Éducation Nationale.

dscf1523_2Les participants ont chacun noté 3 sujets / questions par rapport à la Lab School : implication des parents ; ouverture de l’école à son environnement ; inclusion d’enfants handicapés ; lieu ; bilinguisme / multilinguisme ; liens avec l’Éducation nationale ; aménagement des classes ; matériel utilisé ; place de l’informatique ; évaluation du projet pédagogique ; la créativité ; la place de l’art et de la musique ; les enfants acteurs ; les compétences sociales et émotionnelles… Autant de sujets passionnants sur lesquels nous allons continuer à réfléchir ensemble !

De petits groupes ont été constitués pour entamer ces discussions et proposer des pistes d’actions. Voici un compte-rendu synthétique de leurs propositions et de leurs interrogations. N’hésitez pas à nous manifester votre intérêt pour un ou plusieurs de ces sujets, ou pour d’autres encore, qui n’auraient pas été évoqués, par mail ou lors de notre prochaine réunion de co-construction.

 

1/ Comment la Lab School va-t-elle collaborer avec son environnement, et avec l’Éducation Nationale ?

Les propositions du groupe sont les suivantes :

  • Jumeler la Lab School avec une école publique traditionnelle du quartier (de préférence en REP+). Impliquer fortement les enseignants des deux écoles
  • Intégrer l’école dans la vie du quartier : en amont de l’ouverture de la Lab school, aller rencontrer les acteurs du quartier et construire des partenariats avec les associations de quartier, les entreprises, les maisons de retraite, les jardins partagés…
  • Établir un partenariat avec l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) pour que l’équipe de la Lab School (équipe pédagogique + conseil pédagogique) puisse accueillir des enseignants stagiaires, participer à la formation et profiter aussi des offres de formation de l’ESPE
  • Ouvrir les activités périscolaires à d’autres enfants (demander à la Mairie de financer ces activités ?)
  • Important d’implanter la Lab School dans un quartier populaire
  • Privilégier les enfants du quartier dans lequel sera l’école ?
  • Réserver ½ journée par mois pour des activités portées vers l’extérieur : accueillir des personnes âgées pour qu’elles viennent parler de leur histoire personnelle (peut permettre d’illustrer une période historique étudiée), de leur métier, etc. ; aller visiter une boulangerie, un atelier d’artisans, un potager… Ces temps permettent de valoriser tous les enfants, de les faire sortir pour qu’ils voient d’autres choses
  • Idéalement, la Lab School devrait être dans un lieu suffisamment grand pour accueillir des start-up dans l’éducation, mais aussi des entreprises d’insertion, des associations d’artisans, des associations pour les jeunes du quartier, associations culturelles et sportives…

 

2/ Quelles interactions entre la Lab School et la recherche ?

Deux points principaux ont été discutés :

  1. Comment intégrer les connaissances issues de la recherche et des expériences (evidence-based research) au programme de la Lab School ?

La Lab School de Paris a adhéré à l’Association internationale des lab schools (IALS), qui met en réseau de nombreuses lab schools du monde entier et diffuse beaucoup d’informations les recherches internationales dans le champ de l’éducation

  1. Comment suivre les enfants et l’évaluation de leurs projets ?

Plusieurs manières de suivre l’évolution des enfants sans se limiter à des évaluations simples des apprentissages en français et en maths ont été discutées. Il est important de prendre en comptes des connaissances dans d’autres sphères, notamment au niveau socio-émotionnel, la motricité fine, l’entente dans la classe, le rôle de l’enfant dans la classe, la responsabilisation dans le groupe, le savoir-être ensemble, etc. Pourquoi ne pas proposer une autoévaluation de l’enfant avec l’éducateur (et l’évaluation de l’éducateur par/avec l’élève) qui pourrait se faire au début ou à la fin de toute journée ?

 

3/ Créativité, apprentissages par le jeu et bienveillance

Le groupe a formulé les propositions suivantes :

  • S’inspirer de l’approche Montessori qui laisse à l’enfant le choix de son activité, favorise la liberté et l’autonomie dans les apprentissages
  • Individualiser les apprentissages, en permettant à l’enfant d’avancer à son rythme et en limitant la comparaison aux autres
  • Encourager le travail en autonomie sur du matériel ; l’enfant est alors davantage dans la recherche d’une satisfaction personnelle liée à sa propre réussite ou à son autocorrection, plutôt que dans la quête de l’appréciation positive de l’enseignant ou dans la crainte de son jugement négatif
  • Respecter les particularités de chaque enfant
  • Ne pas attacher trop d’importance au caractère ludique des apprentissages, qui est finalement propre à chaque enfant : certains peuvent s’amuser en faisant des tables de multiplication…
  • Les enseignants sont les pierres angulaires de l’instauration d’un climat positif et bienveillant. Ils doivent arriver à trouver les bons commentaires et les actes valorisants pour les enfants, en insistant davantage sur la démarche et la progression plutôt que sur les résultats
  • S’inspirer de ce qui est mené dans d’autres écoles, dans d’autres pays
  • Comment former et accompagner les enseignants de la Lab School ? Leur rôle dans ces modes d’apprentissages créatifs, autonomes et moins formatés par le cadre rassurant des programmes est plus complexe à trouver. L’un des prérequis nécessaires pour ces enseignants peut être un travail de développement personnel, et qu’il y ait une supervision dans la durée (d’où l’intérêt des liens avec la recherche).

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4/ L’inclusion : consensus et/ou division ?

La question de l’inclusion renvoie invariablement à la question de la « normalité » qui s’entend au regard d’un groupe comparé, d’une culture, d’une époque, de valeurs collectives, de codes, de situations… L’inclusion consiste en une série d’aménagements d’ordre matériel, pédagogique et organisationnel adaptés aux particularités de chaque enfant accueilli. Moralement et éthiquement, l’importance de l’inclusion est relativement partagée, mais de fortes différences subsistent dans sa mise en pratique.

Dans le langage courant, on définit l’inclusion par l’accueil d’enfants en situation de handicap ou présentant des troubles des apprentissages dans les établissements scolaires en classes ordinaire ou en CLIS (Classe pour L’Inclusion Scolaire). On peut aussi parler d’inclusion (ou diversité) sociale et culturelle.

De fortes peurs et angoisses persistent : les enfants handicapés qui tireraient le niveau général vers le bas ; des enfants issus de l’immigration qui bousculeraient nos normes culturelles et nos valeurs, etc. Combien de parents non concernés par les problématiques de l’inclusion sont capables de définir d’autres priorités que la réussite purement scolaire de leur enfant (paradigme de l’école de l’excellence, vision élitiste) ? Or, l’inclusion ne peut réussir que si elle est partagée par tous et vécue comme bénéfique pour tous.

Pour la Lab School, cette question d’inclusion se pose : comment accueillir des enfants de familles n’ayant pas les moyens financiers pour payer une école hors contrat ? quel pourcentage d’enfants en inclusion ? quelles pédagogies, quels outils ? quels moyens humains ? quelle formation des enseignants ?

 

5/ Enseignement des langues

Les élèves réagissent différemment à l’enseignement d’une langue si cette dernière est parlée ou non par les parents à la maison. Les enfants dont les parents ne pratiquent pas l’anglais par exemple, peuvent refuser de parler anglais chez eux. Le groupe a donc proposé l’idée d’organiser des ateliers en anglais où les enfants et les parents participent. Il a également été proposé que des plages horaires soient consacrées à des enseignements en anglais, et d’accueillir des enfants dont la langue maternelle est l’anglais.

Doit-on enseigner une 3ème langue ? Peut-être proposer une 3ème langue en activité extra-scolaire, et laisser le choix de la langue aux élèves et aux parents (latin, grec, chinois…).

 

La deuxième réunion de co-construction est prévue le samedi 17 décembre, de 12 h 30 à 15 h 30. Pour nous permettre de travailler dans de bonnes conditions, le nombre de participants est limité : elle est réservée aux parents qui ont pré-inscrit leur(s) enfant(s) à l’école et aux membres de l’association Lab School impliqués dans le projet. L’inscription est obligatoire.

 

 

 

 

 

 

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