L’ÉCOLE

Quel est le programme suivi par la Lab School Paris ?

Le programme scolaire s’appuie en grande partie sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture de l’Éducation nationale, qui est structuré par des cycles pédagogiques de trois ans, ce qui laisse à chaque enfant le temps d’apprendre à son rythme. L’organisation en cycles d’apprentissage apparaît dans la structure même de l’école puisque les élèves sont dans des classes multi-niveaux. Le respect du socle commun permet notamment de faciliter la circulation des élèves entre différentes école lorsqu’ils sont amenés à retourner dans le système traditionnel, par exemple, à l’occasion d’un déménagement.

Ce programme est enrichi par le bilinguisme : les apprentissages se font en anglais et français, avec une progression adaptée au niveau de l’enfants selon qu’il est francophone, anglophone ou bilingue à son arrivée à la Lab School Paris

Par ailleurs, une place importante est accordée au développement des compétences psycho-sociales (soft skills) et la Lab School Paris inscrit la notion de bien-être – celui des élèves comme celui des enseignants – au cœur de son projet pédagogique, en s’appuyant sur des méthodes validées par la recherche scientifique.

Quels sont vos liens avec l’Éducation nationale ?

La Lab School Paris travaille en collaboration avec différents acteurs de l’Éducation nationale. Les deux premiers enseignants de la Lab School, Colin Fillaudeau et Julie Vescio, ont une dizaine d’années d’expérience d’enseignement dans l’Éducation nationale.

Par ailleurs, toutes les écoles indépendantes sont soumises à un contrôle régulier par un inspecteur. La Lab School va plus loin, du fait de son statut d’école pilote : nous avons sollicité Georges Fotinos ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, chercheur associé à l’Observatoire international de la violence à l’école, pour qu’une évaluation indépendante des élèves soit réalisée à leur entrée à la Lab School et à la fin de chaque année. Ces évaluations porteront non seulement sur les connaissances et compétences, mais aussi sur le bien-être et les compétences psychosociales (soft skills).

Notre conseil pédagogique comprend des représentants de l’Éducation nationale, notamment un professeur de mathématiques, un professeur d’histoire-géographie, un professeur de l’ESPE de Paris et une rectrice d’académie).

Enfin, l’équipe de chercheurs du réseau auquel est adossé la Lab School, le Lab School Network, travaille en lien avec les conseillers académiques en recherche-développement, innovation et expérimentation (CARDIE) de l’académie de Paris pour mettre en place des recherches-actions auxquelles la Lab School Paris sera associée.

Comment sont choisis les enseignants ?

L’équipe éducative, bilingue, est composée à la rentrée 2017-2018, de deux éducateurs – un francophone et une anglophone. Deux autres enseignantes interviendront de façon ponctuelle, une anglophone et une francophone. À partir de la rentrée 2018-2019, elle en comprendra quatre – deux francophones et deux anglophones. Chaque groupe est ainsi encadré par un binôme franco-anglais. Nos enseignants sont recrutés sur la base de leur formation dans le domaine de l’éducation ainsi que de leurs expériences pédagogiques, en France et à l’étranger. Ils se distinguent par leur engagement passionné pour des pédagogies progressistes, adaptées à tous les styles d’apprenants et suivent une formation continue. Ils participent à des travaux de recherches et à des séminaires qui leur permettent d’effectuer une veille scientifique.

Pourquoi ne pas avoir ouvert une école sous contrat avec l’Éducation nationale ?

Il faut 5 ans d’exercice avant de pouvoir demander un contrat d’association avec l’État.

Comment organisez vous les niveaux ?

À l’ouverture, la Lab School Paris accueille 30 enfants de niveau CE2, CM1 et CM2. À partir de la rentrée 2018-2019, elle sera en mesure d’accueillir deux groupes multi-niveaux correspondant au deuxième et au troisième cycle de l’Éducation nationale (CP, CE1, CE2 d’une part ; CM1, CM2 et 6e d’autre part). Chaque élève a un enseignant référent avec qui il fait le point sur ses acquisitions à intervalles réguliers, afin de lui permettre d’avancer à son rythme, en individualisant le plus possible son parcours. Les enseignants travaillent en étroite concertation et organisent les activités de façon à favoriser la collaboration entre les élèves de niveaux différents (tutorat par les pairs).

Comment sont organisées les activités en fonction des âges ?

À la Lab School Paris, les « classes » sont remplacées par des groupes de référence (cf. Saltet et Giordan, 2010). L’école est dans un espace ouvert : il n’y a pas de salles de classe où les élèves sont séparés. Ce regroupement pédagogique permet à chaque élève de participer à des activités en fonction de son niveau et de ses aspirations, en modulant les groupes selon les enseignements ou les projets. Un élève de CP anglophone pourrait ainsi, par exemple, suivre les acquisitions en mathématiques du niveau CE1 s’il a des facilités dans ce domaine, apprendre la lecture en français avec d’autres élèves de son niveau et participer aux activités d’anglais avec d’autres élèves anglophones, tout en étant en « binôme » avec un élève francophone plus âgé que lui, qu’il pourrait aider à progresser dans ce domaine. Les groupes sont constitués pour une durée d’une période et peuvent être revus au moment des vacances scolaires, si les élèves le souhaitent. Chaque élève a un tuteur dans l’équipe pédagogique, avec lequel il fait le point sur ses acquisitions à intervalles réguliers. De plus, des discussions lors des réunions de concertation de l’équipe permettent d’optimiser le parcours de chaque enfant et de veiller à l’équilibre entre les groupes.

Notons que cette organisation multi-niveaux est loin d’être nouvelle : elle existe dans les classes uniques depuis des décennies, est toujours pratiquée dans les « écoles du troisième type » et c’est également ainsi que sont traditionnellement organisées les ambiances Montessori. Elle est donc largement éprouvée, et les bénéfices pour les enfants de tous âges sont corroborés par de nombreux travaux de recherche depuis Vygotski dans les années 1960.

Les élèves sont-ils évalués en continu ou par étape ? Comment ces résultats seront-ils communiqués aux parents ?

Il n’y aura pas de notes, mais des évaluations par compétences. Nous favorisons l’auto-évaluation accompagnée d’une évaluation par l’enseignant : les deux sont comparées pour opérer des ajustements si nécessaire. Lorsque l’élève se sent prêt, des évaluations sont organisées en concertation avec l’enseignant référent afin de permettre à chacun de se repérer par rapport aux compétences du socle commun de l’Éducation nationale, à l’aide de ressources d’évaluation proposées pour les écoles publiques. L’erreur est non seulement permise, mais encouragée, car elle est vue comme une occasion d’apprentissage.

Pour les compétences, un premier contact a été pris avec Jean-Baptiste Lanneberre, créateur de Ma Classe. Il enseigne en lycée et ne demande pas mieux que de nous aider à adapter son outil (libre) pour les compétences du primaire. Cela permettra aux élèves et aux parents de suivre la progression et, avec le dispositif de « point d’étape » régulier avec l’un des enseignants, de savoir sur quoi mettre l’accent selon les priorités du moment.

Il y aura également des bulletins, sans note, mais avec des appréciations et validation des compétences par les mentions acquis, à consolider, en cours d’acquisition.

Des rendez-vous pédagogiques seront également organisés deux fois par an et vous aurez l’occasion de croiser les enseignants le matin et le soir en déposant votre enfant, ce qui permet d’échanger très régulièrement sur les progrès ou les points sur lesquels il faut être vigilant. Pour les rendez-vous pédagogiques, il sera possible d’y associant les enfants (sauf circonstances particulière justifiant d’échanger entre adultes uniquement) comme le recommandent les auteurs de Deeper Learning How Eight Innovative Public Schools Are Transforming Education in the Twenty-First Century.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’activités qui seront réalisées à la Lab School ?

  • la fréquentation régulière de tiers lieux et l’ouverture sur le monde (Cité des sciences, Gaîté Lyrique, Liberté Living Lab, musées, etc.)
  • une adaptation de la  « correspondance scolaire » à travers des échanges avec d’autres lab schools dans le monde. À l’envoi traditionnel de lettres pourront notamment se substituer des échanges sous forme de vidéo-conférences et par voie électronique.
  • s’attacher à donner du sens aux apprentissages et à favoriser la collaboration : une rédaction peut avoir pour finalité, par exemple, un billet sur le blog de l’école ; un groupe d’enfants peut être invité à structurer l’ensemble d’un projet (ex. organiser une exposition, une sortie, une partie d’un spectacle, etc.), ce qui peut nécessiter d’apprendre à réaliser un rétro-planning, faire une projection financière, communiquer, etc.
  • la pédagogie par projet (qui sera définie en concertation avec les élèves). Pour la première année, l’équipe leur propose notamment de suivre le tour du monde de Camille, l’une des futures élèves, qui commencera l’année avec nous et partira faire le tour du monde avec ses parents en cours d’année. Cela peut donner lieu à de multiples activités pédagogiques – géo, histoire, langues, maths, etc.
  • tester et donner leur avis sur des applications éducatives, en étant accompagnés par les enseignants et des développeurs (ex. avec BrainPop ou Tralalère), ce qui leur donne l’occasion de développer leur esprit critique par rapport aux outils numériques tout en s’instruisant.

Allez-vous organiser des sorties scolaires ?

Oui, bien entendu (musées, Philharmonie, fablabs, etc.). Et nous désirons également organiser des classes nature. Nous aimerions que les parents soient associés à ces activités et cela pourrait faire l’objet d’une séance de co-construction en amont de la rentrée. Nous souhaitons également que les parents qui en ont envie viennent partager avec les enfants leurs intérêts et leurs talents, que ce soit dans le domaine professionnel, artistique, culturel, linguistique, etc.

L’un des concepts des lab schools semble être de partager avec d’autres institutions et former d’autres enseignants. Allez-vous également incorporer des travaux et façons de faire d’autres écoles (par exemple AltSchool aux États-Unis?). Êtes-vous en contact avec d’autres lab schools à travers le monde ?

Oui, nous sommes membres de l’Association internationale des Lab Schools (IALS) et nous sommes régulièrement en contact avec différentes lab schools ou écoles fonctionnant sur le même concept dans le monde (Toronto au Canada, UCLA Lab School, Charlotte Lab School, Altschool aux US, Gateway en Inde, Labyrinth School en République tchèque, Geelong Grammar School en Australie, etc.).

Une partie des activités est en effet inspirée de ce qui se fait dans d’autres écoles innovantes, en France ou à l’étranger. Nous souhaitons aussi que les élèves puissent échanger avec leurs élèves. Parmi les projets possibles : projets à construire sur une thématique commune, partage d’expérience en visioconférence, voire voyages scolaire à plus long terme, au moins en France et en Europe !

LES PARENTS

Comment expliquer la Lab School à mes enfants avant la rentrée ?

L’équipe va continuer à organiser des ateliers pour les enfants inscrits ou pré-inscrits comme celui qui a eu lieu le 11 mars :

http://www.labschool.fr/fr/fr/conseil-des-jeunes-de-la-lab-school-et-methode-des-chapeaux-de-bono/

Cela permet aux futurs élèves de faire connaissance, de rencontrer des membres de l’équipe et de prendre part à la construction de l’école. Deux dates sont déjà prévues en mai : le 6 et le 13 mai, de 15h à 17h.

Les parents ont également besoin de conseils pour aider leurs enfants à s’épanouir. L’école mettra-t-elle également une formation en place pour eux ?

Pascale Haag est actuellement en train d’adapter le programme BEST profs (Concilier Bien-Étre, Santé et Travail quand on est enseignant) pour les familles. Il est composé de quatre modules de deux heures et sera proposé gratuitement aux parents ayant inscrit leurs enfants à la Lab School. Il serait aussi intéressant que les parents constituent des groupes de discussion pour échanger entre eux, comme le font les enseignants.

Y a-t-il des lectures que vous recommandez pour les parents qui essaient d’entrer dans le bon état d’esprit ?

De nombreux ouvrages sont consacrés à l’éducation et à la pédagogie. En voici quelques-uns qui nous inspirent et dont nous proposons la lecture à l’ensemble de l’équipe éducative aussi bien qu’aux (futurs) parents, afin de disposer d’un socle de références communes. Certains des ouvrages ci-dessous existent également en anglais. Des références en anglais supplémentaires seront proposées prochainement.

  • Sur les émotions – Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l’enfant. Marabout, 2013.
  • Sur la communication – Adèle Faber & Elaine Mazlish. Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. Éditions du Phare, 2012.
  • Sur les neurosciences – Catherine Guegen, Pour une enfance heureuse repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. R. Laffont, 2014.
  • Sur la discipline et le respect de l’enfant – Jane Nelsen, La Discipline positive. Éd. du Toucan, 2012.
  • Sur la pédagogie au collège (également applicable en primaire à bien des égards) – Jérôme Saltet & André Giordan. Changer le collège c’est possible ! OH ! éditions ; Play Bac, 2010.

Y aura-t-il une association de parents d’élèves ? Un conseil d’école ? Un conseil des élèves

Comme l’école est nouvelle, ce sera aux parents de prendre la décision de créer une association de parents. Si vous avez besoin d’aide, l’équipe sera ravie de vous aider ou de vous mettre en contact avec d’autres associations de parents d’élèves d’écoles indépendantes. L’un des principes de la Lab School est la co-éducation et les échanges constructifs entre les parents et le reste de la communauté éducative ne peuvent être que bénéfiques à l’ensemble de la communauté éducative.

Il y aura des conseils d’école deux à trois fois par an avec les parents (leur fréquence et les modalités de représentation seront déterminée en concertation avec eux).

À l’école, des conseils des élèves sont prévus chaque semaine pour régler les “questions courantes” comme dans la pédagogie Freinet. En plus de ce dispositif nous mettons en place un “conseil des jeunes” extérieurs à l’établissement qui sera constitué de collégiens, de lycéens ou d’étudiants de 1e cycles : leur regard sur ce qui se passe à l’école nous intéresse. Les plus jeunes seront recrutés à travers les collaborations que nous mènerons avec différents établissements. En ce qui concerne les étudiants, nous sommes régulièrement contactés par des étudiants (par exemple, de Sciences Po, de l’EHESS et de l’ENS) qui aimeraient en savoir plus sur ce projet.

Vous mentionnez que les parents sont invités à s’impliquer au moins 10 heures par an. Concrètement, comment allons-nous pouvoir contribuer ?

Ce sera défini avec chaque parent. Parmi les possibilités : assurer une présence et proposer des activités pendant le temps de la pause méridienne où les enseignants sont en concertations/travail personnel ; initier un groupe d’élève à une pratique artistique, à l’usage d’un logiciel ou d’outils numérique (montage de films, code, création de jeux vidéos…) ; animer un atelier cuisine, des séances de yoga, de méditation, de jardinage, de confection de bouquets floraux, de calligraphie, de découverte de l’astronomie, etc.

Les parents peuvent-ils contribuer d’autres façons en faisant campagne pour obtenir des choses comme des tablettes pour les élèves, des robots, des équipements scientifiques, des sorties jardinage, etc. ?

Oui, avec plaisir ! Tout ce qui peut servir aux pratiques artistiques est également bienvenu.

LA RECHERCHE

Même si la recherche est l’un des piliers de l’école, comment vous assurez-vous que les rythmes des enfants ne sont pas trop perturbés?

Principalement en prenant exemple sur les lab schools qui existent depuis le 19e siècle ailleurs et ont toujours eu cette préoccupation qui se reflète dans la littérature scientifique. Les lab schools sont avant tout des écoles, où la pédagogie qui est mise en œuvre est fondée sur le meilleur état de la recherche pour en faire bénéficier les enfants. Les nouvelles recherches qui seront menées seront soumises à l’approbation de l’équipe pédagogique dans un premier temps, puis à celles du conseil pédagogique de la LS, du conseil scientifique du LSN et du comité d’éthique de l’EHESS. L’ensemble des acteurs a comme préoccupation centrale d’offrir aux enfants les meilleures conditions d’apprentissage.

L’école partagera-t-elle avec les enfants et les parents le genre de recherche qui se déroule pendant l’année scolaire (comme à la Lab School de l’UCLA qui prévient les parents deux semaines avant chaque début d’étude) ?

Les parents seront bien évidemment informés des recherches en cours, des résultats, et ceux que cela intéresse pourront également participer à des conférences de restitution de la part de chercheurs. Par ailleurs, nous nous intéressons aussi au mouvement des Universités populaires de parents et serions très heureux si des parents de la Lab School Paris avaient envie d’y participer.

Enfin, les parents sont invités aux séminaires de l’EHESS, qui sont ouverts à tous, ainsi qu’aux autres événements du Lab School Network.

DIVERSITÉ & INCLUSION

Quel est le profil des élèves ?

La Lab School souhaite être au service de tous types d’enfants, le bien être en classe étant l’une des valeurs fondatrices du projet. Dans sa logique de lien avec la recherche, cette école se veut représentative de la société. Par conséquent, nous souhaitons accueillir des enfants issus de diverses catégories sociales, ainsi que des enfants à besoin éducatifs particuliers (dyslexie, etc.), dans une proportion approchant la réalité sociale. Des membres de l’équipe sont qualifiés pour l’encadrement de ce type de public.

Comment allez vous atteindre vos objectifs en terme de diversité et d’inclusion des publics ?

L’école ne reçoit pas de subvention de la part des pouvoir publics. Pour la diversité sociale, nous avons commencé à chercher des financements auprès de fondations et avons lancé une campagne de crowdfunding. Le nombre de bourses attribuées dépendra des financements que nous parviendrons à obtenir.

Pour la diversité cognitive, il n’y a pas à communiquer dessus davantage que nous l’avons déjà fait, car les parents d’enfants à besoins éducatifs particuliers sont à la recherche de solutions lorsque le système traditionnel ne parvient pas à répondre à leurs attentes et nous contactent spontanément. Nous avons déjà reçu suffisamment de demandes pour notre capacité d’accueil en 2017.

Existe-t-il une aide financière pour certaines familles ?

La Lab School souhaite inclure des enfants de familles d’origines sociales différentes. Il est possible aux familles qui ne peuvent s’acquitter de la totalité des frais de scolarité de solliciter des bourses, dont le montant est fixé en fonction du revenu et de la situation des parents. Pour atteindre cet objectif, nous recherchons des financements complémentaires (mécénat, revenus liés à des formations, etc.).

LES OUTILS NUMÉRIQUES

Quelle sera la part d’utilisation des outils numériques ?

À la Lab School Paris, nous prônons un usage raisonné et critique : les outils numériques sont au service du projet pédagogique et sont choisis lorsqu’ils apportent un bénéfice aux utilisateurs. Il s’agit d’un complément à d’autres dispositifs et non un substitut (et encore moins un gadget). L’élève peut ainsi être amené à utiliser une tablette ou un écran en alternance avec d’autres supports d’apprentissages : papier, crayons, livres, tableau, etc. Le numérique peut notamment être utile dans le cas de la remédiation (voir par exemple le projet Domoscio en collaboration avec les éditions Hatier).

Ils sont utiles notamment dans trois cas :

  • pour assister les enseignants dans la différenciation pédagogique par des tableaux de suivi individualisé
  • pour assister l’apprentissage des enfants : espace d’apprentissage personnalisé, ressources en ligne, etc.
  • comme outils d’apprentissage : jeux électroniques, programmation, notamment

Le rôle de l’école est de permettre aux élèves de se former à une littératie multi-modale, qui comprend les médias digitaux, au même titre que les autres médias (presse, télé, écrit). Le concept multidimensionnel de multimodal litteracy a été développé à partir du début des années 2000).

Il s’agit également de former à l’utilisation des médias – numériques ou non – en développant l’esprit critique et la capacité d’analyse de discours des élèves (par exemple, apprendre à hiérarchiser les informations trouvées sur Internet).

Enfin, les élèves seront sensibilisés aux risques liés aux outils numériques de façon à leur permettre d’adopter “un usage réflexif, citoyen et responsable d’Internet”, à “susciter leur réflexion sur les opportunités et les risques d’Internet sans le diaboliser” et à “apprendre aux jeunes à maîtriser Internet sans se laisser maîtriser par lui, comme le suggère le dossier Internet et les jeunes : guide à l’usage des enseignants du 1er degré.

Y aura-t-il des outils numériques mis en place pour la communication entre l’école et les parents ?

Oui, nous nous inspirons de solutions du type Class Dojo, mais nous souhaitons des outils libres. Nous allons aussi travailler avec le créateur de Scolana, pour la gestion de l’école et notamment la facturation. Les avis des parents sont bienvenus !

LOGISTIQUE

Quel sera le calendrier de la Lab School ?

La Lab School suivra le calendrier scolaire de l’académie dans laquelle elle est implantée (en l’occurrence celle de Paris). Les vacances seront les mêmes que pour les écoles publiques (le calendrier est consultable ici).

Une journée type se déroulera ainsi:

  • 8h30-8h45: accueil des enfants avec leurs parents s’ils le souhaitent
  • 8h45-11h30: apprentissages fondamentaux
  • 11h30-13h30: déjeuner et sortie au parc
  • 13h30-15h: ateliers
  • 15h-16h15: projets personnels ou collaboratifs liés aux apprentissages fondamentaux

Pour plus de détails, consultez cette page.

Comment allez-vous traiter les exigences de sécurité (bâtiment, nourriture, vérification des antécédents du personnel) ?

  • L’équipe travaille avec des architectes sur la mise aux normes des locaux (atelier cmjn) et l’ouverture de toute école est soumise à une autorisation de la préfecture, de la mairie, des pompiers. Les démarches sont en cours.
  • Nous sommes en discussion avec plusieurs prestataires pour la cantine et sommes à la recherche de solutions en accord avec nos valeurs : prise en considération de l’impact environnemental, circuits courts, agriculture biologique. SI nous ne trouvons pas d’autre solution, la mairie du 2e arrondissement nous a proposé de solliciter le prestataire des écoles publiques du 2e, dont les repas sont bios à plus de 80 %). Le tarif est assez élevé : 7,10 € par repas et nous n’avons pas la possibilité d’obtenir des subventions.
  • Les enseignants sont choisis sur la base de leur expérience pédagogique, en France ou à l’étranger et leur intérêt pour la recherche est également pris en compte. Le recrutement des enseignants est soumis à l’approbation du conseil pédagogique et à celui du conseil scientifique du LSN, qui comprennent des représentants de l’ÉN. Il y aura aussi des réunions d’intervision régulières avec d’autres enseignants pour discuter d’éventuelles difficultés et améliorer constamment les pratiques, tout cela dans un esprit d’absence de jugement et de bienveillance.

Où auront lieu la récréation et les temps de jeu informels ?

Le square Émile Chautemps, situé en face de la Gaîté Lyrique est à la fois très protégé et assez vaste. À l’instar de la majorité des écoles alternatives à Paris ou en proche banlieue, nous ne disposerons pas de cour de récréation, mais nous avons pris contact avec la mairie du 2e arrondissement pour proposer d’aménager la place Sainte Foy, au bout de la rue d’Alexandrie. Notre idée serait d’en faire une sorte de potager urbain en installant davantage de bacs. Ce projet sera à développer en concertation avec le conseil de quartier et fera partie de nos projet d’ouverture sur la ville. On pourrait imaginer y associer la maison de retraite la plus proche et/ou d’autres écoles.

Un tel projet pourrait également donner lieu à de nombreuses applications pédagogiques (recherches sur les plantes, visiter des jardins partagés du quartiers, séances de brainstorming pour savoir comment aménager la place, rédaction d’un projet, prendre contact avec le conseil de quartier, etc.). C’est pour permettre aux enfants de prendre des initiatives que nous n’avons pas encore établi de contact avec le conseil de quartier, mais ce pourrait être l’objet d’une première réflexion lors des rencontres entre les enfants en amont de l’ouverture de l’école.

Par ailleurs, nous allons solliciter des créneaux au gymnase auprès de la mairie et l’espace de l’agora au Liberté Living Lab pourra être mis à disposition lorsqu’il n’est pas occupé par des événements.

Enfin, des sorties pourront être organisées au Parc de la Villette (en profitant de la proximité de la Cité des sciences et de l’industrie) ou dans d’autres espaces verts.

Quel sera le matériel scolaire à acheter ?

Les fournitures à la charge des parents seront limitées (cahiers, lutins/classeurs, trousse, papier, etc.). L’équipe est en train de faire la liste, qui vous sera communiquée prochainement.

Nous avons participé à la collecte de fonds sur HelloAsso, cela fait-il de nous des membres de l’Association Lab School ?

Oui, sauf si vous ne souhaitez pas en être membres.

Sera-t-il possible d’inscrire des enfants pour l’entrée au collège ?

Les élèves qui fréquentent déjà la Lab School Paris en CM2 seront prioritaires pour entrer en 6e dans notre établissement. Il est possible de s’inscrire sur la liste d’attente.

Comment l’école est-elle financée ? Beaucoup de lab schools font partie de campus universitaires.

En effet, la majorité des lab schools en Amérique du nord sont des écoles – généralement privées, mais il en existe quelques-unes qui sont publiques – localisées sur un campus et en partie financées par l’université. Dans notre réflexion pour adapter le concept en France, nous avons pris contact dès 2015 avec des représentants de l’Éducation nationale et nous réfléchissons avec les pouvoirs publics à la possibilité d’en ouvrir une un jour dans le public, à proximité d’un campus universitaire. Il nous a cependant paru très important d’expérimenter à petite échelle sans attendre davantage, même si c’était en marge de l’institution. En effet, (notamment en raison de l’approche des élections), la période actuelle n’était guère favorable à la prise de décision malgré la bienveillance institutionnelle que nous avons rencontrée. Créer une école gérée par une association à but non lucratif pour démontrer la faisabilité du projet nous a semblé le meilleur compromis, tout en tenant l’Éducation nationale informée de nos démarche à travers notre conseil scientifique et notre conseil pédagogique.

Dans la mesure où nous ne bénéficions d’aucun financement public, le financement de l’école (loyer, salaires de l’équipe, équipement de l’école) est entièrement assuré par les frais de scolarité et les sources de financement complémentaires que nous pourrons trouver. Une partie de nos ressources proviendra des formations pour adultes (professionnels de l’éducation, parents, sur l’innovation pédagogique et les outils numériques appliqués à l’éducation) et nous avons également sollicité le soutien de fondations.