Petit déjeuner scientifique du Lab School Network – Controverses autour de l’informatique au Primaire de 2007 à aujourd’hui… Et maintenant avec le numérique éducatif ?

Controverses autour de l’informatique au Primaire de 2007 à aujourd’hui… Et maintenant avec le numérique éducatif ? avec Stéphanie Netto

Chaque trimestre, le Lab School Network organise des Petits déjeuners scientifiques, des rencontres conviviales sous forme de forums ouverts autour de différents thèmes touchant à l’éducation. Ces événements permettent de renforcer les liens entre la recherche, les acteurs éducatifs et tous les citoyens apprenants.

Pour débuter cette nouvelle année scolaire 2019-2020, c’est Stéphanie Netto, maître de conférence en Sciences de l’éducation et de la Formation à l’INSPE de l’Académie de Poitiers, qui est intervenue lors du premier Petit Déjeuner scientifique sur les « Controverses autour de l’informatique au Primaire de 2007 à 2019… Et maintenant, avec le numérique éducatif ? ». 

Après une présentation des participants, Stéphanie Netto nous a proposé de réfléchir sur notre imaginaire, nos points de vue à propos du numérique en éducation (à l’École)  : «Que nous évoque le numérique à l’École ?».

Chaque participant a alors été invité à écrire sur des post-it les mots qui lui viennent à l’esprit sur cette question. Après un temps de brainstorming et de classification des différents termes relevés, trois grands univers sont alors ressortis :

  • La notion d’activité : le numérique comme une ludification de l’apprentissage
  • Les points de vues (positifs, négatifs)
  • Les usages sur le numérique à l’école (codage par ex).

Aujourd’hui, nous sommes gênés par ce terme « numérique éducatif », car nous ne savons pas exactement comment le définir, ce qu’il englobe. Nous sommes face à un problème de définition, entre le monde courant et le monde de l’éducation. Codage, porte d’entrée ou culture numérique?

Stéphanie Netto a ensuite montré comment elle s’y prend pour analyser les données collectées dans le cadre de la théorie des représentations sociales (Moscovici, 1961) et plus particulièrement les réponses à un test « d’association libre ».

(Ci-dessous ses propres résultats – phase de catégorisation (Netto, 2019).)

Dans le contexte scolaire, l’informatique a d’abord été pensé comme une acquisition d’éléments fondamentaux pratiques (compétences bureautique du B2I par ex.), incluse dans une dimension technique et matérielle. Mais, de nos jours,  l’utilisation de l’outil informatique est de plus en plus commune et intuitive chez les jeunes, et son versant comprenant ce côté d’ouverture au monde commence à s’imposer.

À travers les résultats de recherche issue de la thèse de Stéphanie Netto (2011), sont mises en évidences les distinctions entre l’informatique dans la vie privée, qui se rapporte en grande partie à de la communication, et l’informatique à l’école primaire (cf. image ci-dessous).

Désormais, l’informatique à l’école quitte ce monopole du traitement de texte pour se diriger vers l’image et la vidéo, la pédagogie différenciée, en gardant toujours une prise de position négative ou positive.

Il est nécessaire pour les enseignants de développer des compétences spécifiques afin d’encadrer les enfants dans leurs pratiques de l’informatique. Des notions de bases, comme la différenciation entre le web, internet et informatique sont de mise. Il faut faire comprendre que l’informatique est possible sans outils informatiques (cf. « informatique débranchée »). On peut par exemple comprendre le principe des pixels par le dessin (projet Glasschool) ; on n’a pas toujours besoin de coller l’informatique au matériel pour comprendre cette science.

Au-delà de l’ordinateur, se pose aussi aujourd’hui la question du téléphone portable et du smartphone, des tablettes avec le danger du temps passé à contrôler ceci à l’école / en famille. La propagation de l’interactivité peut faire passer le reste comme ennuyant, moins ludique.

Dans les années 2007-2009 où Stéphanie Netto a analysé ses données, la notion de « danger » n’affectait pas encore le champs de l’informatique, en particulier pour le enfants. Cela est arrivé quelques années plus tard, quand les futurs enseignants repèrent dans l’informatique l’impact trop important (par ex.) des écrans pour leurs élèves. Au niveau des connaissances et des compétences des élèves, la question des répercussions sur la lecture et l’écriture se pose, notamment à cause de la différence évidente entre l’écriture tapuscrite et manuscrite. Il peut y avoir, là aussi, un danger pour les élèves qui apprennent, au Primaire, à lire et à écrire.

La catégorisation des réponses au test d’association libre « Informatique à l’école » a donc évolué entre la divulgation publique de sa thèse (2011) et l’analyse, sur le même objet de représentation, qu’elle fait chaque année depuis 2012 (Netto, 2019) :

 

 

Malgré les craintes que peut provoquer l’expansion de l’informatique / du numérique éducatif, le mythe de supprimer les enseignants reste bel et bien faux ! Un mythe parmi tant d’autres qui viennent « heurter » nos imaginaires (autre exemple : l’informatique supprimerait les livres papier).

 

 

 

 

 

 

Références mentionnées dans cette synthèse

 

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